Mass Effect…By iiYama (rétro test)

Un test « rétro » pour fêter l’arrivée prochaine de Mass Effect Andromeda

Sur notre site, vous avez dû le remarquer, il y a plusieurs genres qui nous font défaut : le sport, le casual gaming, les jeux sur mobiles et dans une autre mesure, les RPGs. Et c’est un peu ma faute à moi car c’est 3 genres que je n’apprécie pas du tout. Pour les RPGs en général, on s’arrange avec Aquel (qui pendant que j’écris ces lignes, teste Oblivion de son côté), je fais l’effort d’écrire quelques tests sur des jeux casuals quand j’en ai l’occasion (c’est rare) et pour le sport… désolé j’ai personne sous la main. A propos des jeux de rôles, mes dernières aventures remontent à Final Fantasy VII et VIII (on parle là, de la fin des années 90 et c’est des tests que je n’ai même pas rédigé moi-même) et depuis, j’y suis un peu hermétique. Cependant, le RPG est sans doute le genre qui a le plus évolué depuis ces 20 dernières années. Si les J-RPG (les jeux de rôles Japonais) restent pas mal campés sur leurs positions, c’est bien les A-RPGs (les jeux de rôles bien souvent américains et tourné vers l’action) qui font avancer les choses. Ainsi depuis quelques années, il n’est pas rare de voir les genres se mélanger comme le RPG et le FPS/TPS. Si je ne suis pas très bien placé pour parler de tels jeux, notamment parce que je trouve les gameplays souvent trop complexes et que l’heroïc-fantasy ne m’attire pas du tout (« WoW c’est tabou, on en viendra tous à bout… » :), Mass Effect de son côté m’interpelle depuis des années. Les raisons sont simples : un univers matiné de science-fiction, un gameplay orienté action façon third-person-shooter (TPS) et un scénario puissant… déjà sur le papier ses sirènes me chantaient une douce chanson. Il est vrai que j’ai vraiment pris mon temps avant de m’y mettre (il s’est passé presque 3 ans entre la sortie du jeu et le moment où je rédige ces lignes) et alors que Mass Effect 2 fait ses entrées sur PS3, moi je décide enfin de me lancer dans l’aventure. Oui, puisqu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis, moi je me lance dans le test d’un RPG (dehors il ne neige pas, il pleut, ça compte ?). Au niveau du pédigrée, je ne m’attaque pas non plus à un jeu de seconde zone et BioWare est derrière des titres comme Baldur’s Gate, Neverwinter Nights, Jade Empire, Star Wars KOTOR ou plus récemment Dragon Age Origins. Je n’y ai jamais joué mais leur renommé les dépassent, ce qui me mets en confiance. Mass Effect c’est avant toute chose un gros scénario. On incarne le commandant Shepard, qui peut être un homme ou une femme (étant donné ma position, j’en parlerai en tant qu’homme). Il sera d’ailleurs sympa de pouvoir véritablement modeler son visage (cheveux, yeux, nez, bouche… mais pas le physique, qui est malheureusement préétabli). Au départ on peut le dire, ça commence mollement mais très vite les événements vont s’enchaîner et propulser Shepard aux premières loges. Je ne vous conterai pas les grandes lignes du scénario, pour ça lisez ce que cache le spoiler ou mieux, jouez au jeu. Car Mass Effect, c’est avant tout une aventure qu’on doit vivre soi-même et vous gâcher le plaisir de la découverte serait un sérieux manque de tact de ma part.

Je peux quand même vous dire que l’humanité a franchie les barrières de son propre système solaire, et fait vie commune avec plusieurs races extra-terrestres. RPG avant tout, le jeu se table sur énormément de dialogues, où le système de réponses dynamiques marche à merveille. La qualité de la réponse (conciliante, neutre ou pragmatique) influe ensuite sur l’histoire. Par exemple draguez 2 filles en même temps, et à un moment ou un autre, vous aurez des comptes à rendre. Mieux encore, certains choix peuvent entrainer la mort prématurée d’un membre de votre équipe. Ainsi, selon votre état d’esprit, vous irez chercher l’action, l’efficacité au détriment de la négociation et de l’empathie. Selon vos choix, vos interlocuteurs vous verront différemment, ce qui ouvre de grandes perceptives pour la rejouabilité de cette aventure. Je me demande d’ailleurs comment BioWare a pu faire tenir autant de dialogues sur un seul disque. Afin de donner du corps à l’univers de Mass Effect, énormément de fiches écrites (et parfois avec voix-off) sont disponibles au fil du jeu. Space Opera dans l’âme, il est clair que la technologie est très évoluée et on en apprendra énormément sur les coutumes, les religions, les modes de vie et même le passif de chaque race qu’on croisera. Avec son langage parfois soutenu (ça fait plaisir), l’univers est extrêmement détaillé, ce qui rend le titre que plus riche. Au fil du jeu, nous rencontrerons divers alliés et bien souvent, il faudra composer une équipe de 3, en prenant soin de répartir les compétences selon les besoins (combat, piratage…). Et justement, Mass Effect ce n’est pas que du dialogue (même si ces derniers prennent énormément de place si on veut parler à tout le monde et chiner la moindre info), c’est aussi de l’exploration. Tout d’abord dans la Citadelle (sorte de HUB du jeu), sorte de consortium de toutes les races de l’univers connu, où il sera possible de réaliser un sacré paquet de missions secondaires. Car comme dans tout bon RPG qui se respecte, vous avez un fil directeur soutenu par le scénario principal, puis une masse impressionnante de petites missions à accomplir, si on le souhaite. La durée de vie en dépend puisque l’aventure principale dure en moyenne 15 heures, ce qui peut atteindre plus ou moins le triple si on s’affaire à réaliser toutes les missions proposées. L’aspect exploration prendra une toute autre dimension lorsqu’on quittera la Citadelle pour airer dans l’espace. Là on voyagera de système en système, pour fouiner sur la surface de certaines planètes. A cette occasion, on prendra le contrôle du Mako, un véhicule tout-terrain et bien armé. Tout d’abord c’est agréable d’avoir un véhicule qui va vraiment partout (même s’il aurait été plus simple de faire tout en vaisseau mais faut bien faire un jeu) et puis une fois sur un point stratégique, soit c’est l’affrontement en véhicule, soit on peut descendre pour par exemple mener l’enquête dans un bâtiment. Et ce que j’ai vraiment apprécié dans Mass Effect, hormis la cohérence et la richesse de son univers, c’est aussi qu’il est varié. D’accord quelques situations et bâtiments se ressemblent mais généralement BioWare a cherché à ce qu’on ne s’ennuie jamais.

Pour ce qui est des combats, Mass Effect se table sur du TPS, un peu comme Gears of War. Il est un peu dommage que la mise à couvert soit totalement ratée et que le lancé de grenades sur la touche « back » soit si inconfortable. Mais à côté de ça, les bastons sont dynamiques et les armes sont efficaces. Enfin je dis « efficaces » au stade où j’en suis car au début du jeu, on trouve leur puissance très aléatoire (un coup on « one shot », un coup il faut s’acharner sur le moindre ennemi, et ce sans parler de l’imprécision de ladite arme). J’ai par ailleurs apprécié que Shepard donne des coups au corps-à-corps automatiquement lorsqu’un ennemi s’approche de trop près (une idée que devraient reprendre les développeurs de TPS/FPS… moi j’dis ça, j’dis rien) et pour les allergiques aux armes à feu (qui n’ont pas de munitions, c’est mieux ainsi), il existe aussi divers pouvoirs télékinésiques, appelé « biotique ». Avec tout ça, on retrouve tout l’aspect troc des jeux BioWare et des RPGs en général. Dans l’armement d’abord, puisqu’on trouvera des pétoires de plus en plus puissantes, auxquelles on adjoindra divers modules complémentaires afin de doper leurs stats. Ensuite, dans chaque recoin de chaque planète ou simplement sur la Citadelle, il y a divers objets, plus ou moins précieux, à collecter. Ce qui ne sert pas, peut donc être revendu sous forme de crédits, ou converti sous forme d’omni-gel. Les crédits servent aux achats directs, l’omni-gel quant à lui sert pour les réparations du Mako ou de monnaie d’échange lors des mini-jeux. En effet certains containers se déverrouillent via une séquence sur 4 touches et si on échoue ou qu’on n’a pas envi de s’y prêter, on peut directement court-circuiter la séquence (ça rappelle un peu Bioshock). C’est pratique, d’autant qu’il y a toujours de quoi s’en mettre dans les poches. Enfin, il est inévitable que le jeu se table sur l’aspect le plus récurrent du genre : les statistiques et l’expérience (XP). Selon la qualité de nos dialogues, nos capacités au combat ou notre volonté de s’investir dans l’aventure, on gagne divers points de compétences qu’on prendra soin de répartir selon divers critères : arme, précision, armure, diplomatie, performances biotiques (si tout ça vous ennuie ou que vous n’y comprenez rien, vous pouvez aussi tout passer en mode automatique comme ça le jeu se débrouille à votre place). D’ailleurs, selon vos compétences propres (comme le charisme), de nouvelles options de dialogues peuvent se débloquer, ce qui peut amener à des réactions inédites de vos interlocuteurs. Seul petit manque à mes yeux : j’aurai vraiment aimé qu’on puisse doper le Mako. Cet unique véhicule contrôlable est pareil à lui-même tout du long et entre nous, j’aurai vraiment apprécié de pouvoir le modifier. Exactement comme les armes ou les armures, j’aurai aimé le rendre plus rapide, plus docile (d’ailleurs on subit quelques agaçants problèmes de caméra dans les zones très montagneuses) ou encore d’avoir des propulseurs qui servent « enfin » à quelque chose (sans ça, il est marrant à piloter, je tiens à le signaler). Bien sûr je ne peux pas tout vous décrire ici, Mass Effect est avant tout un jeu-de-rôle, avec ce que ça sous-entend de gameplay hyper riche. J’ai évoqué les grandes lignes car tout décrire prendrait des pages et des pages, et vous comme moi n’avons pas que ça à faire, n’est-ce pas ?

Pour ce qui est de la réalisation, c’est écrit nulle part mais Mass Effect tourne sous Unreal Engine III, le fameux middleware d’Epic Games (un moteur 3D qui est décidément partout). Avant toute chose, il faut savoir que le jeu n’est pas parfait, loin de là. Si les loadings sont minimisés au maximum, on ne comprend absolument pas pourquoi les ascenseurs (qui visent à faire attendre pendant un chargement) sont si interminables ! Et le pire, c’est qu’il y en a partout ! Ensuite le jeu manque souvent de finitions, notamment lors de cut-scènes un peu secondaires. Par exemple Shepard désamorce des bombes sans les mains (il fait comment, avec les dents ?), les PNJs font des déplacements totalement hérétiques en se « téléportant » d’un point à un autre et le moteur graphique est saccadé jusqu’à l’os. En effet, dés qu’on se déplace ou que ça chauffe un peu (en gros, partout hors dialogue), le framerate est dans les choux et accuse de grosses baisses de régime (et ne venez pas me parler de l’option Motion Blur, ça n’y change rien !). C’est particulièrement pénible et c’est ce qui coûte le plus de points au chapitre des graphismes, avec les pop-ups. Les pop-ups, c’est ce phénomène bien laid où une texture plus détaillée vous apparait comme miracle sous le nez. Là c’est pas vraiment la faute à BioWare, mais plutôt à l’Unreal Engine III dont c’est la grosse maladie (il y a aussi l’aliasing et un ombrage parfois granuleux et bizarre mais ça, c’est de moindre importance). Cette tare génétique est minimisée si vous installez le jeu sur le disque dur de la console mais en une partie, impossible d’y échapper des dizaines de fois. Et ce que j’ai dû mal à accepter, c’est qu’au lieu de nous sortir des DLCs pas forcément intéressants, on aurait vraiment appréciés que les développeurs s’affairent à un bon gros patch, au moins pour éradiquer un maximum de saccades. Malheureusement ce n’est pas le cas. A côté de ces déboires, Mass Effect c’est aussi (et surtout) un design fabuleux. Forcément hi-tech dans l’âme (c’est ce qui m’a attiré en premier), les environnements sont assez variés et surtout, très détaillés pour la plupart. Mass Effect c’est aussi des personnages sans commune mesure. Shepard mis à part, les Krogan, les Asari et les Turien sont véritablement fascinants ! Leur charisme n’a d’égal que leur caractère propre et leur chara-design est génialissime. Tout ceci donne aux dialogues « du volume » mais c’est sans compter sur des cut-scènes parfois énormes (bien que souvent trop peu fignolées), digne d’un film de science-fiction.

Avec ça, on appréciera des modélisations simplement somptueuses. Si pour les humains on décriera des oreilles affreuses et des coupes de cheveux playmobil (bien qu’on puisse comprendre ce choix, étant donné le nombre ahurissant de PNJs que compte le titre), à contrario tout le monde profite de visages hyper détaillés, en particulier grâce à des textures étonnamment précises. Et le plus étonnant dans tout ça, reste sans conteste la synchro labiale, qui atteint dans ce jeu un degré impressionnant d’exactitude, et ce même dans notre version Française. On n’avait pas vu ça depuis Half-Life², comme quoi lorsqu’on veut, on peut ! Ainsi même si le fruit est gâté par d’innombrables saccades et pop-ups, l’arbre reste avant tout magnifique (j’ai d’ailleurs apprécié de pouvoir désactiver le filtre « grain d’image » et surtout « motion blur », cet horrible effet qui vise à flouter l’image dès qu’il se passe quelque chose de rapide). Enfin, comme je le disais bien avant, il est impressionnant que tout soit doublé. Et question qualité, difficile de venir se plaindre. Si bien entendu tout n’est pas parfait à 100%, nul doute que vous serez enchanté(e) par une VF extrêmement travaillée. D’ailleurs le casting vocal est phénoménal ! Boris Rehlinger double John Shepard (c’est la voix officielle de Jason Statham), moins connue c’est Pascale Chemin qui s’occupe de son pendant féminin, Géraldine Asselin double Ashley (c’est la voix attitrée de Michelle Rodriguez), Laura Blanc double Liara (c’est la voix française de Kate Beckinsale et de Jennifer Garner) mais aussi Gilles Morvan (Garrus), François Creton (Joker) ou Martial LeMinoux, qui depuis 10 ans sert énormément le jeu vidéo (Professeur Hershel Layton, Le Guetteur dans Darksiders, Dr Narud dans StarCraft II ou encore Victor Zaitsev dans Vanquish). Autant dire qu’on obtient de l’éclectique et du lourd, du très lourd, ce qui donne une réelle dimension cinématographique à l’ambiance. Une ambiance soutenue par des musiques magistrales (écoutez l’énormissime thème de fin pour vous en convaincre !) ou hypnotiques dans le cas de l’écran titre ou de l’exploration de la carte galactique. Quant aux bruitages, c’est parfait, il n’y a rien à redire…

Note 

C’est du grand BioWare ! Même si je n’ai que peu de titres comparatifs, je sais reconnaitre un grand jeu quand j’en vois un. Il faut dire que je suis un grand réfractaire au genre et à ce rythme de conversion-là, demain je vous fais les tests de Fifa et PES… Naaaan je rigole bien entendu, faut pas pousser non plus 🙂 Je ne suis pas un converti pour autant, car Mass Effect est un peu un cas à part. Taillé avant tout pour la Xbox 360 (le portage PC n’est arrivé que 7 mois plus tard et fut développé par le méconnu Demiurge Studios), la gestion de l’équipement, de l’expérience ou encore l’étonnante facilité avec laquelle on gère des dialogues dynamiques, ont évidemment joué en sa faveur. Et puis son fantastique univers de science-fiction, ce genre d’ambiance qui a un charme hi-tech indéniable, son scénario un peu noir et son gameplay à la fois ouvert et suffisamment nerveux lors des combats, font que je ne pense « presque » que du bien de ce jeu. Je dis presque car les problèmes de saccades et de pop-ups, jouent beaucoup en sa défaveur. De même, certaines scènes auraient méritées d’être un peu plus travaillées. Mais difficile de bouder son plaisir, Mass Effect c’est une aventure chronophage (plus de 30 heures de jeu, c’est beaucoup quand on passe son temps à jouer à des jeux qui dure au mieux 8 heures), particulièrement bien menée et qui étaye son réalisme via un contenu exhaustif et dense. Si la progression est lente (il faut d’ailleurs aimer les allers-retours), le scénario lui, est captivant et tout le système de jeu est super bien fichu. Ce premier épisode d’une trilogie annoncée, est un véritable chef-d’œuvre ! Quant à BioWare, le messie RPG de ces dernières années, ils comptent un nouveau fan dans leur rang. En l’espace d’un seul jeu on peut parler de prouesse. Désormais, Mass Effect est sans doute l’un des mes jeux d’aventure/action préféré, rien que ça…

Test réalisé par iiYama

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