Un test bien rétro…sur la Master Sytem

En novembre 1990, 
si la Mega Drive se lançait à corps-perdu sur notre beau territoire, la Master System elle, avait déjà 3 ans. Ainsi à la sortie de Castle of Illusion, on parle plus du jeu de la maturité (voire de fin de vie puisque la relève est là) que d’un jeu line-up, comme c’était le cas sur 16bits. Et s’il y a bien un jeu qui aura marqué les esprits, cette année-là, c’est bien celui-ci. A l’image de sa remplaçante, la Master System a mis quelques temps avant d’être pleinement exploitée et cette production chapeautée par Walt Disney, nous aura prouvée que malgré la naissance de sa petite (et nettement plus puissante) sœur, la 8-bits de SEGA en avait encore sous le capot. D’ailleurs ce jeu coïncide également avec la sortie de la Master System II (c’est sans doute la version qu’on connaitra le mieux en France). L’histoire nous raconte que la sorcière Mizrabel est jalouse de la beauté de Minnie (Blanche Neige ?). C’est pourquoi un matin, alors qu’elle se baladait avec son amoureux Mickey, Mizrabel kidnappe Minnie. Tel un chevalier servant, notre souris préférée part donc à sa rescousse, avec pour but premier de retrouver les 7 gemmes qui lui permettront de déjouer les pièges du « château des illusions » (une fois les 7 gemmes récoltées, Mickey pourra créer un arc-en-ciel et rentrer dans la tour de la sorcière pour sauver sa bien-aimée). Oui le scénario est bidon, il rappelle évidemment Mario et ses histoires minables de princesse, ou bien entendu, la plupart des films de Disney, et leurs scénarii à coucher dehors (oui, je n’aime pas quand c’est mielleux :). Pour expliquer le plot de départ, on aura une rapide séquence d’introduction, ce qui est déjà mieux que rien, à l’image de la plupart des titres de son époque. Le jeu dispose de 2 modes de difficulté : practice et normal. Le mode practice, comme son nom l’indique, est un « entrainement » qui nous offre une mini-aventure regroupant quelques passages des 3 premiers niveaux. On y récupère seulement 3 gemmes, la difficulté est largement revue à la baisse, il y a très peu d’ennemis, il n’y a pas de boss et l’ensemble est plié en 10 minutes maximum. En réalité, si pour les joueurs classiques ce mode n’a aucun intérêt, en fait il est surtout adapté aux enfants. Sa difficulté, sa longueur largement raccourcie… en font une aventure tout à fait adaptée aux plus jeunes.

Maintenant qu’on s’est bien fait la main sur le « mode pour enfants », attaquons l’aventure en mode normal. Niveau gameplay, notre Mickey Mouse sait faire les mouvements basiques de tous jeux du genre (saut, se baisser, nager…) mais pour tuer ses ennemis, il faut réaliser un saut sur la tête, le popotin en avant. Pour se faire, il faut presser la touche d’action, ce qui change de la « simplicité » d’un Mario classique certes, mais se révèle un petit moins pratique que sur Mega Drive, où on réappuyait sur la touche -saut-. De même, en tuant un ennemi on peut « rebondir » et ainsi réaliser un grand saut qui permet en autre d’accéder à des corniches autrement trop hautes. Autre différence avec la version 16bits, Mickey peut saisir la plupart des objets (pierre, coffre…) pour les lancer sur ses ennemis. Des ennemis un peu chiants car ils reviennent beaucoup trop fréquemment, sans doute dû aux limitations (autre entre en RAM) de la console. Autre possibilité, Mickey peut aussi transporter un pot de miel (façon Winnie l’Ourson, oui je sais, cette référence tue ! ^^), pour s’en servir de contrepoids ou de marchepied. Bref, contrairement à l’opus Mega Drive, cette faculté de porter des objets est largement mise à contribution, ce qui donne un gameplay relativement différent. Par contre je peste (un peu) contre un aspect scoring et surtout un temps limité : des vétustés issues de l’Arcade, qui n’ont plus vraiment de raison d’être sur console de salon. Certains levels disposent de passages secrets quand d’autres apportent quelques nouveautés de gameplan. D’ailleurs, il est plaisant de voir que certaines idées ont été réutilisées dans d’autres jeux, souvent de SEGA, comme Sonic. Quant aux boss, ils sont originaux et imposent un minimum de tactique (y aller bourrin, c’est l’assurance de perdre !). On notera tout de même que contrairement à la version Mega Drive (qui est légèrement différente mais à support respectif, tout aussi bonne), dans le « château des illusions » on peut choisir l’ordre des niveaux et surtout, le jeu est un petit peu plus rapide, le maniement petit peu plus « léger ».

Au long de niveaux bien plus longs et riches qu’en mode practice (la durée étant d’ailleurs classique au genre : de l’ordre d’1h à 1h30), Mickey dispose de 3 points de vie. Chaque part de gâteau remonte cette jauge de santé et trouver des étoiles rouges, apporte 1 point d’HP supplémentaire. Il est vrai que le jeu est tout à fait abordable, cependant il n’est pas aussi facile que ce que la culture populaire le prétend (d’autant que la hitbox est parfois mal gérée et ce à notre détriment), car on perdra quelques vies et on subira quelques irritations sur des passages un peu retors. Ainsi Castle of Illusion est facile oui, mais pas aussi facile qu’on le dit, certains passages m’ayant même surpris à ce niveau-là (comme le dernier niveau). J’avouerai également que les 2 derniers boss sont même abusifs niveau difficulté, loupant ainsi le public visé : les enfants, qui n’auront peut-être pas à cœur de galérer lors de nombreuses reprises (c’est d’autant plus vrai pour les joueurs de l’époque, même si on était des « durs » contrairement aux joueurs d’aujourd’hui… comprendra qui pourra :). Quant à notre Mickey international, il dispose de belles animations et on retrouve parmi les plus mythiques décors de cette licence : la forêt, le monde des jouets, le bureau… qui encore une fois, inspireront d’autres jeux. Et techniquement, il est clair qu’en novembre 1990, Castle of Illusion était l’un des jeux les plus réussis de la Master System ! Si en effet il parait bien moins flamboyant aujourd’hui, surtout après avoir joué à des titres tels que Sonic ou Wonder Boy III, il faut bien entendu se remettre dans le contexte historique et en cette fin de l’année 90, et il est clair que ce titre-là est 2 crans au dessus des autres, sur le plan des graphismes : belles couleurs, décors détaillés, animations fluides. Enfin, la partie sonore propose des bruitages très fantaisistes qui collent à l’ambiance. Quant aux musiques, elles sont joviales et de qualité pour son support, mais se révèlent trop courtes et en trop petit nombre. Ainsi elles tournent en boucle et tapent un peu sur le système au bout d’un moment (c’est surtout vrai pour le dernier niveau où la composition ne dure même pas 10 secondes !). Cependant, comment en demander plus à un jeu Master System ?

Note

Once upon a mouse… Castle of Illusion doit être testé dans les bonnes conditions. Si certain(e)s trouvent qu’aujourd’hui il est dépassé, que son gameplay est simpliste et ses graphismes un peu sommaires, sachez aussi que ce titre est l’un des plus connus et des plus respectés de la console, prouvant ainsi que la Master System avait encore beaucoup à offrir tant en termes de performances graphiques que sonores (Sonic sortira un an plus tard et restera à jamais le jeu plus poussé du support). Vous l’aurez donc compris, le mot d’ordre est « contexte historique » et pris dans ces conditions-là, nous sommes en présence d’un excellent titre. Pas aussi merveilleux que certains le prétendent, ni même aussi facile qu’ils le disent, Castle of Illusion est un jeu mythique à la réalisation de haut vol. Les graphismes sont somptueux (pour une console 8-bits, bien sûr) et vont vous transporter vers ce monde fait de magie et d’illusions. Finalement assez différent de la version Mega Drive, même si la console a connu et connaitra mieux dans sa carrière, il faut absolument remettre Castle of Illusion à la place qui est la sienne : un très bon titre dont la notoriété aura su traverser les âges. Un gage de sa qualité…

Test réalisé par iiYama

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